La vaccination FCO des brebis est aujourd’hui un geste essentiel pour protéger les troupeaux.
Aujourd’hui, j’ai vacciné mon troupeau d’Avranchins contre la FCO 3 et la FCO 8.
Dit comme ça, cela peut sembler technique… et assez loin de vos aiguilles à tricoter.
Et pourtant, ce geste a un lien direct avec la laine que vous utilisez.
La FCO, une maladie invisible mais bien réelle
La FCO (Fièvre Catarrhale Ovine), aussi appelée « maladie de la langue bleue », est une maladie transmise par de tout petits insectes, un peu comme des moucherons.
Les brebis ne se contaminent pas entre elles : ce sont ces insectes qui transmettent le virus en piquant.
Les symptômes peuvent être impressionnants :
- fatigue importante,
- difficultés à se déplacer,
- lésions dans la bouche,
- baisse de l’état général.
Dans certains cas, la maladie peut être mortelle.
Pourquoi vacciner ?
Parce qu’on ne peut pas empêcher les insectes d’exister…
mais on peut protéger les animaux.
Vacciner, c’est :
- éviter que les brebis tombent malades,
- préserver leur bien-être,
- et leur permettre de continuer à vivre et produire normalement.
Une brebis en bonne santé, c’est aussi une laine de qualité.
Concrètement, comment ça se passe ?
Aujourd’hui, j’ai réalisé deux injections sur chaque brebis :

- une contre la FCO 8
- une contre la FCO 3
Ce sont actuellement les deux variants (ou « sérotypes ») contre lesquels nous devons nous protéger en priorité, même s’il en existe d’autres.
Pour m’organiser et surtout ne faire aucune erreur, chaque brebis est marquée après injection :
- un trait rouge pour la FCO 8
- un trait bleu pour la FCO 3
👉 C’est ce qui explique les jolies couleurs que vous pouvez voir sur leur croupe sur les photos.
Ce marquage est très important :
- il permet de vérifier que toutes les brebis ont bien été vaccinées
- et d’éviter d’en vacciner une deux fois par erreur
C’est simple, mais essentiel pour un suivi sérieux du troupeau.
Quel lien avec la laine ?
Derrière chaque pelote, il y a un animal vivant.
Quand un troupeau est touché par une maladie comme la FCO :
- les animaux souffrent,
- certains peuvent mourir,
- et la qualité de la laine peut être impactée (stress, état général…).
Prendre soin de la santé du troupeau, c’est donc aussi prendre soin de la laine que vous tricotez.
Un enjeu encore plus fort avec une race locale
Les brebis que j’élève sont des Avranchines, une race normande ancienne, aujourd’hui à petit effectif.
Cela veut dire qu’il y en a peu.
Très peu.
Dans ce contexte, chaque animal compte énormément.
Une maladie qui circule dans un troupeau comme celui-ci peut avoir des conséquences bien plus graves que dans un élevage plus classique.
On parle parfois de patrimoine… ici, ce n’est pas une image : c’est réel.
Si on ne protège pas ces animaux, certaines races peuvent tout simplement disparaître.
Le bon moment, c’est maintenant
Avec le radoucissement des températures, les insectes reviennent.
C’est précisément à ce moment-là qu’il faut agir, et non attendre les premiers cas.
Vacciner maintenant, c’est prendre une longueur d’avance sur la maladie.
C’est aussi une conviction que je porte dans mon engagement, notamment au sein du GDS de la Manche : la prévention est notre meilleure alliée.
Une démarche engagée, du vivant à la pelote
Prendre le temps de vacciner, c’est faire un choix :
celui de protéger ses animaux, mais aussi de respecter toute la chaîne qui va jusqu’à vous.
Parce que derrière chaque pelote Laines sous les Pommiers, il y a :
- des brebis élevées avec attention,
- des décisions parfois invisibles,
- et beaucoup de responsabilité.
❓ Questions fréquentes (et un peu plus loin) sur la FCO et la vaccination
Est-ce que la FCO peut toucher d’autres animaux que les moutons ?
Oui. La FCO concerne tous les ruminants : bovins, chèvres, cervidés…
Mais les symptômes sont souvent plus visibles et plus sévères chez les moutons.
Si la maladie est transmise par des insectes, est-ce qu’on peut s’en protéger autrement que par le vaccin ?
On peut limiter les risques (abris, répulsifs, gestion des zones humides…), mais on ne peut pas empêcher totalement les insectes d’être présents.
La vaccination reste aujourd’hui le moyen le plus efficace.
Est-ce que tous les troupeaux sont exposés de la même façon ?
Non. Le risque dépend du climat, de l’environnement et de la circulation du virus.
Mais avec l’évolution des conditions météo, les zones concernées s’élargissent.
Pourquoi existe-t-il plusieurs types de FCO (FCO 3, FCO 8…) ?
Le virus existe sous différentes formes, appelées sérotypes.
Les vaccins sont spécifiques à ces formes, d’où l’importance de s’adapter à ceux qui circulent.
En quoi les maladies comme la FCO menacent-elles les races locales ?
Dans les races à petit effectif, chaque animal est précieux.
Une crise sanitaire peut réduire fortement les populations et fragiliser des années de travail de sélection.
Est-ce que le changement climatique joue un rôle ?
Oui. Des températures plus douces favorisent la présence et l’activité des insectes, ce qui augmente les risques de transmission.
En tant que tricoteuse, en quoi suis-je concernée ?
Parce que vos choix ont un impact.
Soutenir une laine issue d’élevages engagés, c’est :
- encourager des pratiques responsables,
- participer à la préservation des races locales,
- et donner de la valeur à un travail souvent invisible.
La santé des animaux fait partie intégrante de la qualité d’une pelote.
Pour en savoir plus sur la FCO et les recommandations sanitaires, vous pouvez consulter le site du GDS de la Manche :
https://gds50.com/fco/






